Dans un pays où résister est, depuis toujours, une seconde nature, l’art de la récupération s’est imposé comme la manifestation artistique de cette résistance. L’art de la récupération consiste à collecter tout objet devenu inutile, tout déchet et de les transformer par la magie du geste artistique en œuvre d’art, en des œuvres provocantes.
Dans le paysage artistique haïtien, plusieurs noms incarnent cette forme d’art, peu connu du public. Il s’agit d’André Eugène, Celeur Jean Herard et Jacques Frantz (Guyodo). Ces artistes, jouissant d’une certaine reconnaissance, se sont fédérés puis ont créé la « Ghetto Biennale » en 2009. La Ghetto Biennale représente pour eux une chance de montrer un autre visage de la vie des ghettos de Port-au-Prince.



Ce collectif s’est distingué par sa méthode unique visant à transformer en sculptures et en installations artistiques des objets inutiles. Cette pratique n’est pas seulement esthétique ; elle est aussi politique et sociale. A travers leurs créations, ils racontent l’histoire du pays, ses luttes et ses espoirs. Chaque pièce raconte une histoire. Car, cette pratique ne touche pas seulement le domaine artistique, elle a également un impact social significatif. Ces créations visent à sensibiliser le public aux problèmes environnementaux et sociaux en Haïti.
Depuis plus de trois décennies, Atis Rezistans se donne pour mission de changer l’idéologie des jeunes en quête de perspectives et d’expression artistique. Atis Reziztans incarne l’idée que l’art peut-être un vecteur de changement social. En utilisant des matériaux récupérés, ce collectif porte un message universel : même ce qui est considéré comme déchet peut-être réinventé et valorisé.
Dans un panorama artistique mondial ou l’originalité et l’innovation sont souvent prisées, le collectif Atis Rezistans nous rappelle que la vraie création peut surgir des décombres. A travers leur vision unique, Atis Rezistans n’est pas seulement un collectif ; c’est un mouvement, une inspiration, une promesse d’un art engagé au service de l’humanité.
Loudenya Faoutine, Professionnelle en Tourisme et Patrimoine Culturel, Rédactrice
