Cette année, Haïti participe avec détermination à la 7e édition du Global Media Monitoring Project (GMMP), aux côtés de plus de 100 pays. Cette initiative, renouvelée tous les cinq ans depuis 1995, est la plus grande étude mondiale sur la présence des femmes et des hommes dans les médias. Pour cette édition, Haïti a été représenté par l’Université d’Etat d’Haïti, le REFRAKA, et Lanbi-e. Les participants ont pu bénéficier de l’accompagnement de deux professeurs de l’UEH et membres de la World Association for Christian Communication (WACC), Professeure Jerucha Vasti Michel et Professeur Ary Régis.
Dans une société où les médias jouent un rôle primordial dans la participation citoyenne et la construction des opinions et des croyances, la place des femmes et des hommes dans le milieu médiatique reste un enjeu important. En 1995, en rapport à la section J- Femmes et médias de la Déclaration et les résolutions de la Plateforme d’Action de Beijing, la World Association for Christian Communication (WACC) a lancé le Projet Mondial de Monitorage des Médias (GMMP). Ce projet quinquennal ne se contente pas de rassembler des données ; il s’agit d’un véritable outil de plaidoyer en vue d’une représentation équitable des genres dans les espaces médiatiques.
Cette enquête internationale cherche à révéler les inégalités (ou l’égalité) entre les genres a travers les informations diffusées partout dans le monde. Au cœur de son action, le GMMP mobilise un réseau mondial d’organisations et de personnes engagées qui se consacre à une analyse poussée des contenus médiatiques. En utilisant des méthodes de collecte de données uniformisées, des centaines de bénévoles passent au crible des milliers de contenus médiatiques dans divers contextes culturels et géographiques. Ils regardent de près non seulement la quantité de couverture médiatique consacrée aux femmes et aux hommes, mais aussi la qualité de cette représentation. Cette approche méthodique permet de repérer des tendances claires et d’identifier les stéréotypes de genre tenaces qui continuent d’influencer l’opinion générale.
En plus de la recherche, le GMMP constitue un espace de formation et de renforcement des compétences. En mettant à disposition des outils et des ressources pour les journalistes et les professionnels des médias, le projet aide à sensibiliser davantage aux questions de genre. Des ateliers et des sessions de formation sont mis en place pour apprendre aux acteurs concernés comment détecter et contester les préjugés de genre dans leur travail, encourager une couverture médiatique plus équilibrée et, de ce fait, bâtir une société plus juste. En intégrant ces enseignements, les médias deviendront des moteurs de changement, contribuant non seulement à une meilleure représentation, mais aussi à une transformation sociale profonde.
Le GMMP se base sur une question fondamentale à savoir « Qui est réellement mis en avant dans les médias ? » Alors que le monde évolue et que les combats pour les droits des femmes s’intensifient, il est important de s’interroger sur la façon dont ses luttes se reflètent dans l’univers médiatique. Les conclusions des études passées ont souvent mis en évidence un déséquilibre marquant où les voix féminines sont sous-représentées, démontrant que l’égalité des genres reste au second plan des priorités médiatiques. En ce sens, l’édition 2020 du GMMP avait révélé que seulement 24% des personnes qui figurent dans les médias sont des femmes. Malgré les avancées sociales, cette donnée montre la persistance d’une sous-représentation féminine préoccupante.
Dans un pays comme Haïti, confronté à de nombreux enjeux socio-économiques et politiques, l’importance de ce projet est indéniable. Sa participation à cette enquête ne se limite pas à la simple collecte de données, elle offre aux journalistes, aux décideurs et à la société civile une occasion d’évaluer leur travail et leurs interventions du point de vue de la problématique du genre et de provoquer un changement concret dans la construction des récits. En amplifiant les histoires des femmes et en donnant une tribune aux voix souvent oubliées, Haïti peut non seulement enrichir son environnement médiatique, mais aussi encourager d’autres nations à suivre son exemple.
La participation d’Haïti à ce projet représente une autre forme d’engagement en faveur de l’égalité. Au-delà d’un simple geste, elle marque le début d’une nouvelle ère en faveur d’un reflet de la diversité des voix dans chaque émission, chaque article, chaque reportage. En unissant nos forces, nous avons le pouvoir de transformer le paysage médiatique et de contribuer à son progrès sociétal significatif.









Loudenya Faoutine, Professionnelle en Tourisme et Patrimoine Culturel, Rédactrice
